Archaeology

17 11 2007

by Dr Hassan Badawi of the Lebanese University

ARCHÉOLOGIE À MLIKH

I- LOCALISATION ET SITUATION HYDROLOGIQUE

Mlikh (voir plan 1) est entouré par les plus hautes montagnes du Liban sud (voir Photos 1-14) et se situe au nord de Jabal Rihane (voir plan 4). Cette zone se trouve à 90km au sud de Beyrouth, à 46 Km à l’est de Saida, et à 10Km au sud du Jezzine. Son altitude varie entre 850m et 1100m. La dépression entre les montagnes est composée d’étroites bandes de terres fertiles le long du fleuve (voir plan 6): deux vastes terrasses à Est et à l’Ouest, entrecoupées par de hauts plateaux disposés en terrasse. Nous avons fait une incursion dans les hauts plateaux à l’Est du fleuve afin d’inspecter le site de Tanas (à une altitude de 890m et à 50m du bord du fleuve). (Voir photo 9 et plan 9). Il s’agit du lieu de la découverte d’un célèbre vestige archéologique connu à Mlikh sous le nom de “temple du Tanas” (Voir plans 7-9). La zone montagneuse autour du site, très favorable à l’élevage saisonnier, était peu peuplée dans l’antiquité car d’accès difficile. (Voir photos 11-13).
D’un point de vue plus général, cette région fait partie de Jabal Rihane, et plus précisément de ce qu’il est convenu de nommer la dépression de Mlikh, (voir plans 4 et 6) sur le piémont Ouest de Jabal ‘Aride Zannar. Cette situation explique le relief: des vallées étroites et encaissées Jabal Nabi Bourkab (voir photos 1, 8) Jabal ‘Arid Zannar (voir photo 6), Qassayer (voir photo 14), Jabal ‘Arid Shoumar (voir photo 14), Jabal Safi (voir photo 4), Tellat al’Dahra, Shwarat (voir photo 10-12) et Qal‘et el’Ghar (voir photo 11). Elles sont entrecoupées par de hauts plateaux d’où les sources abondent (‘Ain al’Sohhah, ‘Ain al’Hayat, ‘Ain Abou el Fateh, Naba‘at Qla‘it, ‘Ain Achchamiyé, ‘Ain Kfarchanna, ‘Ain el‘Arajé, etc.). Cette localisation explique la densité du réseau hydrographique et la pérennité des eaux, provenant principalement de la fonte des neiges et des pluies. Cette situation climatique a toujours imposé l’apport artificiel d’eau pour la culture intensive, ce qui explique l’installation d’une communauté humaine devenue sédentaire de ce fait.
Les fortes précipitations ont lieu dans la région du mois d’octobre au mois d’avril. Pendant la période hivernale, les hauts plateaux du Jabal Rihane reçoivent, sous forme de pluie et de neige, un volume d’eau compris entre 300 et 7000mm. A titre d’exemple, entre le 2 et le 5 janvier 2002, 75cm de neige sont tombés dans le village de Mlikh et plus d’un mètre au sommet des hautes montagnes de Jabal Rihane. Les eaux souterraines et celles provenant du ruissellement, se rencontrent à la surface des marnes calcaires et des terrains argilo-ferrugineux (terrae Rossae discontinues et peu profondes. Voir plan 10). Les failles calcaires permettent à l’eau de pénétrer les couches imperméables et les mènent jusqu’à la surface. C’est pourquoi il est possible de voir jaillir plusieurs sources dans la région.
L’eau de pluie et des sources ayant parcourues les vallées en passant par le territoire de Mlikh, se présente sous forme d’un réseau de fleuves hivernaux, donc saisonniers (voir photo 9, 50). La couche superficielle des sols est constituée de fines particules fertiles qui expliquent la richesse et la diversité du paysage. Différents types d’arbres coexistent ce qui donne une impression d’extrême opulence. (Voir photo 15).

II- LE PATRIMOINE ARCHÉOLOGIQUE

L’intérêt archéologique pour Mlikh est très récent. La première attestation d’une occupation humaine a été rendue possible lors de la visite des responsables du bureau de la Direction Générale de l’Antiquité (DGA) de Saida, sur ce site. Elle a eu lieu le 23 mai 2001, attesté par un écrit du Dr. Shafiq Abouzayd et enregistré à la DGA de Beyrouth. A la suite de cette visite, le Dr. Abouzayd m’a demandé de visiter personnellement les lieux historiques de Mlikh et d’écrire un rapport préliminaire afin de donner une idée générale de l’importance archéologique et historique de ce village libanais. La prospection des lieux archéologiques a été rendue possible grâce à l’autorisation de la DGA de Beyrouth. En effet sans une étude sérieuse sur Mlikh aucune vérité historique ou culturelle ne serait être révéllée ce qui est dommageable étant donné la qualité et la richesse de ce site. En comparant la modicité des informations recueillies par le Dr. Shafiq Abouzayd, et celles consécutives à notre recherche, nous avons mis en évidence des éléments riches sur l’existence d’une civilisation passée. Ces éléments nous invite à pousser plus loin notre étude et prouve l’importance de premier plan de la région de Mlikh.

1-METHODOLOGIE

L’approche historique de Mlikh et la préparation de ce rapport préliminaire sont basées sur la prospection des zones où ont été trouvées des vestiges d’occupation ancienne et sur le ramassage des tessons de terre cuite et de céramique qui ne nous permettent cependant pas de dater ce lieu de façon précise.
La répartition du peuplement et le patrimoine historique que nous avons restitué à travers les découvertes sont particulièrement intéressantes. Notre interprétation est fondée sur l’analyse précise des données de la distribution des vestiges. Cette recherche, s’est limitée à:
– donner une estimation des vestiges archéologiques
– utiliser le nombre de céramiques recueillis comme un indicateur relatif à la période d’occupation des vestiges.

L’intérêt de ces estimations est de dessiner les traces d’une installation humaine, qu’on essaiera d’associer à ce qu’on connaît par ailleurs de l’histoire de Mlikh. Le repérage des sites s’est fait en plusieurs étapes, dans le but de créer un répertoire des vestiges archéologiques et de le replacer dans le cadre de la réserve naturelle de Mlikh. Précisons ici que toutes les phases étaient limitées, autrement dit, tributaires de l’existence de mines dans l’aire de prospection (voir photo 17-18).
La recherche archéologique de Mlikh a été conduite par moi-même, le Dr. Hassan Badawi, avec la collaboration du Dr. Shafiq Abouzayd, de l’archéologue Joumana Khoury, avec l’aide du Dr. Ahmad Youssif Abou-Melhem (Université libanaise), du Dr. Ali Youssif Abou-Melhem (Université libanaise), de M. Jean Bahjat Abouzayd, et du maire de Rihane, M. Mohammad Faqih. Cette première recherche s’est achevée en 2001 – 2002 après plusieurs visites. Elle se résume en quatre temps :
Septembre 2001: Zone I: Zone de Tanas et la zone moyenne. Elle correspond au secteur méridional appelé Tanas, où l’occupation semi-sédentaire est confirmée par les vestiges archéologiques. Elle correspond au secteur moyen qui s’étend jusqu’au bord du ruisseau. C’est une riche zone d’arboriculture. Nous supposons que ce secteur se caractérisait par une viticulture rentable dans l’antiquité.
Lors de la première phase, nous avons étudié la zone de Tanas et les plateaux –terrasses le long du Wadi (la vallée). Elle a eu lieu lors d’une excursion de 3heures, dans l’après midi du 16 septembre 2001, accompagné par le Dr. Shafiq Abouzayd et par Jean Bahjat Abouzayd. Cette phase a été notre premier contact avec le terrain. Ce fut l’occasion d’une fouille méticuleuse de la surface d’une butte rocheuse de 1000m2. Nous y avons repéré les traces d’une fortification aujourd’hui encore apparentes (voir photo 29-49).

Octobre –2001: Zone II. Elle correspond au secteur occidental où se trouve le cimetière chrétien daté de 1927 de notre ère. Elle est riche d’arbres de type “Quercus ilex”, et d’un paysage naturel étonnant, mélange d’“arbres-roches” et de quelques terrasses d’arboriculture moderne. (Voir photo 74-77). Aucune trace d’occupation ancienne n’est signalée dans cette zone. La visite s’est effectuée avec l’aide de Jean Bahjat Abouzayd. Nous avons visité d’autre part le secteur correspondant à l’entrée nord-est de Mlikh, le long le ruisseau venant de Kfar Houné, prenant la nouvelle route asphaltée communiquant entre les deux villages. Nous avons ici signalé une dizaine d’installations de maisons construites en pierre. Ce secteur correspond probablement à une zone d’occupation ancienne.
Novembre 2001: Zones III et IV. Elles correspondent au village et au secteur occidental appelé Dahr el’Borj. La recherche dans le secteur oriental du village (Zone III) a eut lieu au cours de la visite conduite avec l’aide du Dr. Ali Youssif Abou-Melhem. Nous avons visité le cimetière musulman daté de 1890 (voir photos 64-67) et la mosquée datée 1903 (voir photos 70-73). Les fouilles de la Zone IV ont été conduites en collaboration avec le Dr. Shafiq Abouzayd, l’architecte Mohammad Faqih, l’archéologue Joumana Khoury et M. Jean Abouzayd. Nous avons trouvé deux sortes d’occupation ancienne de grande valeur historique:
-la présence de deux tombes rupestres (voir photos 51-59) d’époque antique (secteur IVa).
-l’existence de fondations d’une fabrique de vin (voir photos 21-23) (secteur IV.b). Nous avons fouillé le secteur IV.c à la recherche de traces d’occupation dans la zone appelée Dahr el’Borj. Cette recherche n’a donné aucun résultat probant. Nous avons néanmoins signalé des travaux correspondant à des activités à caractère arboricoles et d’élevage du XXième siècle (voir photos 25-28).
Janvier 2002: Zone V. La zone sud de Tanas a été fouillée en janvier 2002 avec le Dr. Shafiq Abouzayd. Nous y avons trouvé un hypogée rupestre (voir photos 60-63).

2-L’ACHEOBOTANIQUE DES RESOURCES NATURELLES DE MLIKH

Dans le cadre d’une étude archéobotanique du site de Mlikh, la recherche s’est limitée à des données d’ordre générales. L’étude des variétés d’arbres sauvages et d’autres cultivées ainsi que leurs liens avec les vestiges archéologiques ont été découverts. C’est que nous avons appelé “l’emprise des occupants sur la végétation naturelle”. Cette approche doit constituer la base de données principales pour de futurs sondages et fouilles. L’étude des restes d’espèces végétales provenant de ce site archéologique a permis de découvrir des restes de charbon, de semis, de pollens etc. Ces éléments permettent d’attester que les occupants de cette région pratiquaient l’arboriculture durant l’Antiquité.

a- Le chêne (Quercus ilex). (Voir photos 10, 15)
Les glands constituent une nourriture de base pour différentes espèces d’animaux sauvages et domestiques. Ils étaient également utilisés pour d’autres usages très importants depuis l’antiquité: l’une est l’extraction du tannin utilisée pour l’acidification des vins. L’autre utilisation est dans l’alimentation humaine : le fruit sec est entré dans le régime alimentaire de différentes populations, constituant même la nourriture de base. Pour être consommés, les glands recquiert une opération simple d’extraction du tannin dont la quantité varie d’une saison à l’autre. Deux possibilités s’offrent aux populations : la cuisson des fruits ou bien la dissolution du tannin dans l’eau.
Le gland est, depuis le néolithique, un fruit essentiel dans l’alimentation animale et humaine. Il est resté une nourriture de secours jusqu’à une période très récente. En dehors de son usage alimentaire, les glands sont utilisés pour obtenir des teintures : teinte de brun ou de gris. L’écorce, les galles et les fruits sont surtout connus pour tanner les cuirs. Les glands étaient également utilisés dans l’antiquité pour un usage médical.
Les glands seraient d’utilisation encore plus ancienne puisqu’ils figurent dans des récits phéniciens. La représentation artistique des glands était très répandue en Phénicie. Les sites archéologiques du Liban ont livré à l’époque Romano-Byzantine des mosaïques décorées de glands, comme c’est le cas à Beit Meri, à Tyr ou à Ouza’i. Ceci prouve donc que les glands ont constitué une nourriture de base à l’époque antique au Liban.

b- La Vigne
Sa distribution géographique en Phénicie semble avoir été, à l’origine, très étendue. La vigne était utilisée comme un fruit consommable au cours des repas et dans la production de vin et de mélasse. Les anciens de Mlikh racontent que la vigne était la plante principale des paysans de Mlikh avant la deuxième guerre mondiale. Ils utilisaient le raisin comme un fruit et servait de base à la fabrication de la boisson libanaise ‘arak’ et dans la production de la mélasse. Une maladie inconnue a provoqué la disparition presque totale des vignobles. Ce ravage a eut lieu au cours de l’année 1941. Après cette catastrophe naturelle, les paysans de Mlikh n’ont jamais tenté de replanter leurs vignobles mais ont conservé la tradition libanaise campagnarde de planter des vignes devant chaque maison pour se cacher du soleil en été et avoir du raisin à consommer. (Voir photo 110).
L’étude viticole est particulièrement difficile à mener du fait des caractéristiques même de la plante. Ce qui reste du vestige prouvant l’existence de la “fabrication du vin” dans des périodes anciennes, est le complexe viticole avec sa structure de pressurage et sa cuve de décantation, visible dans les champs de M. Hanna Zahran Abouzayd dans la région de Khalleh. Ce complexe antique prouve une connaissance approfondie dans la culture du raisin en vue de sa transformation par fermentation, afin d’obtenir du vin (voir photos 21-23).
L’extension de la viticulture est due au chêne, l’arbre de Mlikh par excellence (voir photos 10, 15), dont était extrait le tannin. L’acide tannique provenant de l’extraction, se trouve en proportion variable dans les fruits du chêne (les glands= balloutes). Ils étaient utilisés comme matière première dans l’antiquité pour l’acidification et la conservation des vins. Les sources mentionnent que l’huile est extraite des baies et que le lentisque est utilisé pour parfumer les vins. Nous pouvons également associer les lentisques disparus dans la forêt de Mlikh à l’installation viticole du vin signalée sur ce territoire. Cette importante exploitation des ressources naturelles de Mlikh invite à supposer une sorte de proto-agriculture dans la région.
L’installation viticole visible à Mlikh est composée d’éléments de pressurage et de 4 cuves de décantation creusées dans le roc (voir photos 21-23). Des terrasses de vignes cultivées aujourd’hui sont associées à ce complexe. (Voir photos 23) M. Zahran Zaidan Abouzayd et ses deux fils Assaad et Massaad Abouzayd avaient creusé ce pressoir dans le roc en 1910. M. Hanna Massaad Zahran Abouzayd m’a montré les vestiges, et il m’a dit que son grand-père, Zahran Zaidan Abouzayd, avait utilisé ce pressoir pour fabriquer de mélasse et de l’arak (alcool libanais) jusqu’en 1941.
Les mesurages du Pressoir :
– L’aire du pressoir (baydar) pour écraser les raisins sous les pieds-nus: longueur 250 cm. Largeur 177 cm. Profondeur 18 cm.
– Première augée (jorn) pour reçevoir le premier pressurage du jus des raisins écrasés dans l’aire (baydar) du pressoir:
Longueur 124 cm. Largeur 140 cm. Profondeur 84 cm.
– Deuxième augée (jorn) pour reçevoir l’abondance du jus des raisins qui vient de la première augée: Longueur 81 cm. Largeur 118 cm. Profondeur 80 cm.
– Troisième augée (jorn) pour reçevoir l’abondance du jus des raisins qui vient de la deuxème augée: Longueur 88 cm. Largeur 101 cm. Profondeur 71 cm.
– Quatrième augée (jorn) pour reçevoir l’abondance du jus des raisins qui vient de la troisième augée: Longueur 87 cm. Largeur 77 cm. Profondeur 19 cm.
– Le pressoir était creusé dans une seule piece du roc plat qui mesure 10.50 m. de longueur et 4 m. de largeur. Il est dans un excellent état.
– Le foyer du feu (mawqad) se trouve hors du roc vers l’est et tout près de la quatrième augée.

L’hypothèse de la viticulture repose sur l’étude architecturale de ce complexe. Cette zone conserve en son sein les structures d’aménagements utilisées à l’époque antique pour la fabrication du vin. Cet élément est signalé dans tout le territoire de la Phénicie Byzantine.

c- L’olivier
L’histoire de l’olivier à Mlikh est très ancienne. Il est devenu aujourd’hui l’arbre le plus utilisé dans l’arboriculture à Mlikh. Il n’y avait jamais à Mlikh un pressoir d’olives, mais plutôt dans la vallée de Zahrani qui est à 2 kms. de distance de Mlikh.

3-LES VESTIGES ARCHEOLOGIQUES
a- Le site de Tanas
Le site repéré est de taille réduite, et semble être associé à un mode de vie semi-sédentaire lié à l’arboriculture.
Les mesurages du site :
La longueur du site que nous avons photographié est de 60 mètres et sa largeur varie entre 20 et 25 mètres. Il était bati sur un seul roc plat avec une vue sur le Wadi (vallée) de Mlikh vers l’ouest (voir photo 34) et une vue sur le Wadi (vallée) de Tanas vers le sud (voir photo 29). Il s’agit d’une implantation temporaire comportant deux types d’aménagement. Le premier est la fortification-ferme construite au-dessus d’un vaste promontoire rocheux de 1000m2, le deuxième est un abri naturel au sud et au-dessous de la fortification. Cet ensemble est appelé Tanas. Il comporte des subdivisions internes. Les aménagements construits sont limités à des murets en pierre, mélangés à des pierres bien taillées (voir photos 35-43), délimitant un cercle irrégulier fermé sur 3 côtés et ouvert vers l’Est à travers une petite entrée.(Voir photos 31 et 32).
Les pierres taillées du site :
Pierres Ouest (Voir photos 41-43) :
1ère Pierre: Hauteur 58 cm. Longueur 92 cm. Largeur 70 cm.
2ème Pierre: Hauteur 57 cm. Longueur 72 cm. Largeur 49 cm.
3ème Pierre: Hauteur 55 cm. Largeur 73 cm. Longueur 97 cm.
4ème Pierre: Hauteur 51 cm. Largeur 68 cm. Longueur 61 cm.

Pierres Nord-Ouest (Voir photos 37-40):
5ème Pierre: Hauteur 55 cm. Largeur 53 cm. Longueur 52 cm.
6ème Pierre: Hauteur 95 cm. Largeur 155 cm. Longueur 100 cm.
7ème Pierre: Hauteur 80 cm. Largeur 94 cm. Longueur 136 cm.
8ème Pierre: Hauteur 102 cm. Largeur 67 cm. Longueur 135 cm.
9ème Pierre: Hauteur 93 cm. Largeur 103 cm. Longueur 158 cm.

Pierres Est (voir 44-45 photos ):
1ère Pierre: Hauteur 50 cm. Largeur 50 cm. Longueur 120 cm.
2ème Pierre: Hauteur 71 cm. Largeur 66 cm. Longueur 106 cm.
3ème Pierre: Hauteur 64 cm. Largeur 94 cm. Longueur 75 cm.

La murette Est (voir photo 46):
C’est la murette la plus longue du site: Hauteur 1.30 cm. Longueur 20 mètres. Il y a des autres murettes des côtés est et nord, mais elles sont plus petites, et elles avaient subi des traveaux humains recents. (Voir photos 44 et 45).
Non loin de l’entrée est du site, le monument est composé d’un point d’eau (voir photos 48-49). Il s’agit d’un bassin de forme rectangulaire utilisé soit pour l’eau potable soit pour l’élevage. Il y a d’autre part sur le rocher de ce site une fontaine d’eau hivernale, qui suggère une utilisation religieuse ou sanitaire liée au temple. (Voir photo 30) La hauteur des murets est d’environ un mètre, ce qui fait penser à des emplacements de tentes ou à des constructions en bois. (Voir photos 43-47). Nous pensons que l’installation mise en évidence dans la zone de Tanas, a pu répondre à des vocations différentes :
– L’existence d’un fleuve à Tanas (voir plan 9 et photos 50) et d’une source d’eau hivernale située dans le roc du monument, (voir photo 30) nous permettent d’envisager l’hypothèse suivante. Cette installation correspondrait à un temple primitif de Tanas, dieu du fleuve, protecteur des sources d’eaux. Ce rite provient de la mythologique grecque. Il faut noter que les dernières recherches archéologiques n’ont pas permis d’accréditer cette thèse.
-Les tessons recueillis à l’intérieur de l’installation (voir photos 104-108) datables de l’époque Byzantine, sont liés à une occupation de l’époque antique. Nous pensons que quelques fidèles au christianisme au cours du Bas Empire Romain se sont trouvés face à des persécutions en raison de leur appartenance à une autre croyance religieuse. Ils ont été contraints de se réfugier dans cette zone, protégée par sa nature montagneuse.
-Profitant de ses ressources naturelles : eaux, glands, terre fertile à l’arboriculture, les habitants de cette région ont développé des structures architecturales particulières et ont transformé ce lieu en un petit hameau ou une petite ferme destiné à accueillir les agriculteurs. L’abri naturel au-dessous de cette installation a du servir dans l’antiquité à des activités quotidiennes telles que l’élevage ou l’agriculture.(Voir photos 24-28).
-La découverte de deux tombes rupestres et d’une installation viticole dans la zone nord du site (voir photos 51-59) est l’indice d’une colonisation de l’époque Byzantine. L’occupation en question a été de courte durée mais elle est fondamentale dans l’histoire de Mlikh. Il semble que la région ait été abandonnée depuis le Moyen Age, et réoccupée de nouveau au XVIIIième siècle. Il faut noter que si l’occupation a été de courte durée, une fois abandonnée et soumise à l’érosion naturelle, les vestiges bâtis en terre et en bois sont tombés. Il ne reste donc plus en surface que les objets construits en matériaux non périssables récupérables seulement à travers un futur sondage organisé en collaboration avec la Direction Générale des Antiquités.

b- Les tombes rupestres
Sur la partie méridionale du plateau rocheux de Mlikh s’étend la nécropole antique et Byzantine du site : deux hypogées creusés dans le roc de la pente rocheuse de la colline bordent les terrasses au nord du fleuve. (Voir photos 51-59) La typologie architecturale de ces deux tombes rupestres est semblable à celle de Sidon (Saida), d’Ornithpolis (‘Adloun) et de Tyros (Tyr-Sour), toutes trois d’époque Byzantine.
b1- Le premier hypogée se compose d’une ouverture menant à une petite cour rectangulaire autour de laquelle sont aménagées des tombes à loculi.(Voir photos 51-53)
Les mesurages du premier hypogée :
Porte : hauteur 96 cm. Largeur 97 cm de l’extérieur. Largeur de l’intérieur 60 cm. Cour: Longueur 71 cm. Largeur 135 cm. Je ne pouvais pas prendre la hauteur parcequ’il y a beaucoup de terre accumulée par terre.
La chambre intérieure: Longueur 172 cm. Largeur 250 cm. Hauteur 152 cm au dessus des décombres. Pour cela je ne pouvais pas voir les deux sarcophages qui sont couverts par les décombres. À l’intérieur de la chambre, il y a un sarcophage creusé en Pierre vers l’ouest (à gauche) qui se lève du niveau des autres arcophages d’une 50 cm. Sa longueur est 182 cm. Sa profondeur est 40 cm., et sa largeur est 71 cm. À une hauteur de 37 cm du niveau du arcophage vers l’ouest, il y a une niche qui est d’une longueur de 41 cm, et d’une largeur de 33 cm et d’une profondeur de 22 cm. Au-dessus de cette niche, se lève une autre niche plus petite don’t sa longueur est 23 cm, sa largeur est 23 cm, et sa profondeur est 11 cm. M. Elias Zeidan Abouzayd m’a raconté qu’il avait trouvé en 1975 dans cette niche une lampe à huile rouillée. Il y a aussi la form d’une porte sculptée sur le mur est de la chamber. Cette tombe se situe dans la propriété de M. Elias Zeidan Abouzayd. Elle a été utilisée, au cours de la première guerre mondiale, par les chrétiens du village pour enterrer leurs morts.
b2- Le deuxième hypogée se trouve à 250 cm à l’est du premier hypogée, mais il a été fermé par M. Elias Zeidan durant 1984. (Voir photo 51).Mais, il paraît des photos 54 et 55 que la chambre intérieure du tombeau est formée au moins des sarcophages creusés en Pierre, l’un est situé vers l’set (à gauche) et l’autre est situé vers le nord et il en face de l’entrée.
b3- Le troisième hypogée se trouve à une dizaine de mètres au sud-est du premier tombeau et au-dessous de la route. Il se situe dans la propriété de M. Hassan el’Hajj Abou-Melhem. Cette tombe est cachée par la route depuis 1968. Le Dr. Shafiq Abouzayd m’a donné une explication assez détaillée de ce tombeau. Il se compose d’une ouverture semblable à celle du premier hypogée rupestre. Il mène à une cour étendue dans la longueur avec deux tombes creusées verticalement sur les cotés ouest de la chambre. Leur hauteur est quasi semblable à celle d’un homme de taille moyenne. La mère du Dr. Abouzayd, Mme Emilie Zeidan Abouzayd, m’a indiqué que pendant son enfance, ses parents l’avait utilisé de temps en temps pour travailler et dormir car il se situe à cinq mètres de leur maison actuelle. Le tombeau est totalement creusé dans le roc, et sera bientôt re-ouvert.
b4- Le quatrième hypogée se trouve à une trentaine de mètres à l’ouest du premier tombeau et se trouve dans la propriété de M. Soleiman Dawoud Abouzayd. Il est de taille plus imposante que le premier. Il se compose d’une ouverture menant à deux chambres funéraires rectangulaires autour desquelles sont aménagées des tombes à loculi. Le sol de la grande chambre funéraire est aménagé par des tombes à loculi. (Voir photos 57-59).
Les mesurages du quatrième l’ hypogée :
La porte : Elle est déformé par le développement humain récent, et par conséquence, je ne pouvais pas prendre les mesurages des ses dimensions origenelles. En plus, les décombres qui bloquent une partie de cette porte (voir photo 57) ne m’a pas permis de prendre l’hauteur exacte de l’entrée. Sa largeur varie entre 88 cm et 160 cm. La porte se donne aux deux chambers droite et gauche (voir photo 59).
La première chambre à gauche: Longueur 360 cm. Largeur 230 cm. Il y a 4 sarcophages creusés dans le roc qui s’allongent en longueur du sud au nord, et un autre sarcophage horizantale (en face de l’entrée) qui s’allonge de l’est à l’ouest et il s’entrecoupe avec des trois sarcophages. Les mesurages de ce sarcophage horizontal est 175 cm de longueur et 45 cm de largeur.
Mesurages des quatres sarcophages:
1er Sarcophage : Longueur 194 cm. Largeur 46 cm.
2ème Sarcophage : Largeur 40 cm. Le longueur est caché.
3ème Sarcophage : Largeur 45 cm. Le longueur est caché.
4ème Sarcophage : Largeur 45 cm. Le longueur est caché.
C’était impossible pour moi de mesurer la longueur et l’hauteur de la plupart de ces sarcophages à cause des décombres qui couvrent le sol de l’hypogée.
La deuxième chambre à droite: Longueur 470 cm. Largeur 160 cm. C’était très difficile de voir tous les sarcophages de cette chambre à cause des décombres, mais je pouvais voir la largeur des sarcophages qui mesure chacun 45 cm. Le fond de cette chambre s’ouvre sur la première chambre à gauche par un trou qui permet à un petit chat de passer à travers.
b5- Le cinquième hypogée creusé dans le roc avec une terrasse semi-circulaire construite en pierrailles, et qui constitue un avant-corps de l’hypogée, mène à une petite chambre au travers d’une petite ouverture arquée. Il existe deux niches creusées dans les cotés est et ouest de la chambre. (Voir photos 60-63). La particularité architecturale de cet hypogée nous invite à penser qu’il s’agit d’une tombe d’enfants. Cette tombe se trouve sur la propriété de M. Bahjat Najib Abouzayd dans les champs appelés Nawouss.
Les mesurages du cinquième hypogée :
– Porte : Hauteur 67 cm. Largeur 62 cm. Il y a un arc semi-circulair creusé autour de la porte dans le roc avec une profondeur du 9 cm.
– La chambre intérieure : Hauteur 113 cm. Largeur 192 cm et 188 cm. Il y a trois niches creusées dans les murs à l’intérieur de l’hypogée. La niche ouest (à droite): Profondeur 96 cm. Largeur 58 cm. Hauteur 85 cm. La niche est (à gauche): Profondeur 176 cm. Largeur 63 cm. Hauteur 113 cm. La niche en face de l’entrée: Profondeur 24 cm. Largeur 63 cm. Hauteur 69 cm.
Si quelques hypogées furent détruits ou couverts par des terrasses cultivées, les trois qu’ils ont été dégagés sur le territoire du village prouvent ici la densité d’occupation de Mlikh aux époques Phénicienne et Byzantine. Tous les hypogées que nous avons visités sont encore à dégager.

c- Vestiges des monuments du XIXme et XXme siècles
La croissance urbaine de Mlikh ne date que de la fin du XIXième siècle, date à laquelle tous les facteurs qui contribuent à l’apparition de la maison libanaise ont été réunis. (Voir photos 83-103) Éléments architecturaux de provenance locale et étrangère se retrouvent réunis dans un seul type qui s’est imposé comme un modèle unique de maison au Liban précisément dans les zones montagneuses y compris à Mlikh. (Voir photo 82) Nous pouvons suivre les transformations à travers une étude rapide de ses monuments.
Les vestiges et les monuments de ces deux derniers siècles sont ici exposés suivant un ordre chronologique basé sur les dates mentionnées sur les vestiges : cimetières-tombeaux, édifices des cultes: Eglise-Mosquée, édifices privés: maisons d’habitations, et édifices publics.
c1- Le Cimetière musulman. Il est certain que les musulmans utilisaient leur cimetière actuel à Mlikh au moins depuis la moitié du XVIIIième siècle selon le témoignage des anciens du village. La datation des tombes est possible grâce aux épitaphes d’une trentaine d’entre elles provenant du cimetière musulman (1290 Hégira, 1890 A.D) (Voir photos 64-67). Le nom des artistes, tailleurs des pierres, a été apposé sur les épitaphes ce qui en constitue l’une de leurs caractéristiques (Voir photo 65).
c2- L’église paroissiale de Saint Elie. Elle se trouve au milieu de l’agglomération urbaine du village constituant un lieu d’échange et de rassemblement populaire. (Voir photos 68-69). L’inscription suivante est gravée au-dessus de la porte principale de l’église: (voir photo 68).

۱٩۰۱ ﺦﻴﻠﻤ ﻯﺮﺎﺼﻧ ﺔﻗﻓﻧ ﻰﻠﻋ .ﺪﻴﺯﻮﺒﺍ ﻰﺴﻮﻤ ﻦﻮﺮﺎﻤﻮ ﻪﻠﻠﺍ ﻦﻮﻌﺒ ﺲﺎﻴﻠﺍ ﺮﺎﻤ ﻢﺴﺍ ﻰﻠﻋ ﻢﺎﻘﻤﻠﺍ ﺍﺬﻫ ﺩﻴﺸ

La traduction française est la suivante:
Ce monument cultuel est construit au nom de Saint Elie le vivant avec l’aide de Dieu et Maroun Moussa Abouzayd, au compte des chrétiens de Mlikh, 1901.
L’exécuteur du projet d’une nouvelle église à Mlikh était M. Maroun Moussa Abouzayd, Président du comité de l’église Saint Elie à Mlikh. La salle de culte est orientée vers l’est et formée d’une nef centrale et deux nefs latérales avec une annexe bâtit en 1964-65 afin d’agrandir l’église vers l’ouest. Nous avons remarqué une certaine déformation architecturale dans l’église due à son élargissement et à sa « modernisation ». C’est le comité de l’église qui a décidé de ses transformations en 1964-1975. Ces changements ont détruit la beauté originelle de l’église. Aujourd’hui, elle a donc changé d’aspect. Le comité de l’église a décidé en 1972 d’agrandir la porte principale de l’église ainsi que l’ancienne fenêtre qui donne sur la route en face de l’église. Le comité a également décidé d’ouvrir une autre fenêtre dans l’ancien mur qui donne sur le coté nord de l’église. Sur ce même coté, une petite fenêtre a été percée au-dessus de l’autel. L’ancien sol de l’église, qui était formé par de la roche provenant du village, a été couvert depuis 1974 par des marbres qui trahissent la beauté originelle et rustique de cette église maronite villageoise. En effet, l’église originale n’est plus visible aujourd’hui d’autant plus qu’en 1975 l’ancien dôme a été démoli et remplacé par un autre, bâtit par M. Dib Maroun Moussa Abouzayd suivant une architecture moderne.
Derrière l’église vers l’ouest le reste du presbytère est visible avec sa chambre et son entrée. Nous ne pouvons pas la dater de façon précise mais nous supposons qu’il date de la première décennie du XXième siècle.
c3- La Mosquée:
Elle se trouve à l’angle Est de la pente rocheuse du village. Elle se présente aujourd’hui restaurée et modernisée (voir voir photos 70-73). Les transformations réalisées en octobre 2001 ont modifié sa forme architecturale originale datée de 1313 Héjira- 1903 de notre ère.
La propriété de la mosquée de Mlikh appartenait au couvent Maronite de Saint Antoine à Jezzine, où une chambre très simple a été bâtie au début du XIXième siècle pour accueillir le prêtre maronite qui venait de Jezzine pour servir les chrétiens de Mlikh. Les ancêtres du village nous rapporte que la chambre du prêtre contenait le fond baptismal, mais elle a été transformée en église parce que c’était une petite chambre de logement. Avec la construction de l’église Saint Élie à Mlikh en 1901, les moines du couvent Saint Antoine à Jezzine ont décidé d’offrir cette chambre aux chiites de Mlikh en récompense de leur protection dont ils ont fait preuve en faveur des chrétiens de Mlikh lors de la lutte contre les Druzes en 1860. Les chiites de Mlikh ont détruit la petite chambre et bâtit une autre plus grande en 1903 qui a été utilisée comme une mosquée jusqu’à aujourd’hui.
Cette date est répétée à deux reprises sur les deux plaques commémoratives en pierre calcaire se trouvant sur la façade Nord de la mosquée, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Celle de gauche est composée de 6 lignes gravées sur le bas relief de la plaque. (Voir photo 73). Le texte arabe de l’écriture est une poésie :
« Ce lieu saint est une mosquée pour Dieu, construite à la demande du roi ‘Abed el’Hamid, 1313 Hégira”, 1903 de notre ère. » La deuxième plaque se trouve à droite de l’entrée et est composée de 3 lignes gravées également sur le bas-relief en caractère plus grand que la première. (Voir photo 72). Il porte le texte arabe suivant:

۱۳۱۳ ﻪﻧﺴ ﻢﺤﻠﻤ ﻰﺒﺃ ﺩﻤﺤ ﺪﻤﺤﻤﻮ ﻦﻴﺴﺤ ﺪﻮﻮﺍﺪ ﻞﻤﻋ

Oeuvre de Dawoud Houssein et Mohammad Hamad Abi-Melhem. Année 1313.
L’espace interne de la mosquée a été agrandi en octobre 2001, la façade a été transportée de sa place originale et reconstituée dans un autre lieu (voir photo 70). Le plan du lieu de culte était de forme carrée. L’orientation actuelle respecte toujours celle de l’originale: le sud-est (la direction de la Mecque) signalé par le Mihrab. Le Minaret est restitué aujourd’hui par une autre innovation due à la destruction ayant eu lieu au cours des bombardements israéliens entre 1985 et 2000- période de l’occupation de la zone par les soldats israéliens.
c4- Le cimetière chrétien
Il y a deux lieux pour le cimetière chrétien à Mlikh. Le premier est situé à une trentaine de mètres au sud-est du cimetière musulman actuel. Il ressemble à celui des musulmans, d’autant plus que les chrétiens enterraient leurs morts dans la terre, tout comme les musulmans. Selon les anciens du village, il était utilisé par les chrétiens depuis leur arrivée à Mlikh au milieu XVIIIième siècle et jusqu’au début de la première guerre mondiale. La famine ayant épuisé leur force au cours de la première guerre mondiale, les chrétiens de Mlikh ont utilisé une tombe, mentionné ci-dessus , (voir photos 54-56) afin d’enterrer leurs morts. Ils ne pouvaient en effet pas creuser la terre pour ouvrir de nouvelles tombes selon leur tradition dans le village. Mais aux alentours de 1920, les chrétiens ont abandonné cette tombe qui avait été utilisée comme cimetière temporaire. Ils avaient construit les deux premières chambres funéraires du village entre 1920 et 1926, une pour la famille Abouzayd et une autre pour la famille Matta. Deux autres chambres funéraires ont été construites en 1927 pour les familles Makkhoul Abouzayd et Maroun Moussa Abouzayd.
Ce cimetière se trouve au sud–ouest du village. Il est composé de petites chambres funéraires carrées à toitures rectilignes, construites en pierres calcaires. Chacune d’elles est réservée à une famille. (Voir photos 74-77) L’intérieur des chambres est formé d’un ou de deux niveaux. Ce type de sépulture commune devait répondre à la volonté d’abriter ensemble les membres d’une même famille. La date de la construction d’une sépulture familiale est toujours portée sur les plaques de pierre. La date est toujours surmontée d’une croix et accompagnée du nom du propriétaire. Tous ses éléments sont gravés en relief. (Voir photos 76-77).
c5- Les édifices privés
Le classement typologique des maisons de Mlikh correspond au répertoire de l’architecture traditionnelle au Liban. (Voir photo 82). Nous obtenons la même classification typologique en y ajoutant la date et le nom de propriétaire auquelle la maison appartient (voir photo 102):
1- La maison rectangulaire (voir photos 91-92).
2- La maison simple composée d’une seule chambre avec un toit en terre battue et constituée par des voûtes d’arêtes. (voir photos 87-89).
3- La maison simple est formée des deux chambres avec un toit en bois et terre battue (voir photos 85-86).
4- La maison à liwan (rurale ou urbaine) (voir photos 93-94).
5- La maison à galerie ou à cour (voir photos 95-96).
6- La maison à hall central (voir photo 90).
– Les édifices publics et industriels
L’industrie était limitée aux activités agricoles utilisant un moulin et un pressoir. Bien entendu ces instruments ont disparus aujourd’hui. La géographie du site impose fortement le paysage architectural du village, et par voie de conséquence, la distribution de l’activité commerciale à l’intérieur du tissu urbain villageois. Le souk (le marché) n’existe pas et l’activité commerciale se limite à de petites boutiques. Ces édifices sont de simples chambres privées distribuées selon les choix individuels des habitants.
La route principale qui traverse l’agglomération villageoise constitue l’épine dorsale du village à partir de laquelle ruelles et impasses partent. C’est à partir des passages que les villageois accèdent à leurs habitations. (Voir photo 111).

4- LES OBJETS ARCHÉOLOGIQUES
a- Céramique
Le ramassage des tessons s’est limité à collecter un nombre raisonnable mais suffisamment important pour les dater afin d’établir une sorte de typo-chronologie de la céramique, et dégager ainsi des catégories. La finalité est d’en faire un dessin lorsque cela est possible. Le résultat ainsi obtenu sert à l’étude chronologique.
L’étude complète de la céramique (l’analyse stylistique et systématique des éléments et la recherche de leurs parallèles) sera envoyée à la Direction Générale des Antiquités, en espérant qu’elle obtienne l’accord nous permettant de faire une prospection scientifique bien organisée et recueillir ainsi de nouveaux objets en terre cuite et en céramique.
Nous avons collecté une dizaine de tessons provenant de différentes époques anciennes : Phénicienne-Perse, Hellénistique, Romaine, Byzantine, Ommayyades et tardo-Ottomante. Il semble que la céramique recueillie corresponde à une fabrication artisanale pour un usage quotidien (voir photos 104-108).
La fiabilité relative à la restitution des tessons sur les plateaux et sur les terrasses est liée à des cas possibles de phases de non occupation du site. Les causes de ces effacements sont diverses. Il s’agit soit d’alluvions provenant de la rivière et de la pluie, masquant ainsi les occupations les plus anciennes, soit des labeurs et de l’irrigation continue depuis deux siècles ayant peu à peu abîmés les vestiges et les ont fait disparaître.
Tous les objets répertoriés sont à l’état de fragments.
Ils comportent pour l’essentiel des fragments de lèvres, de fonds de vases et d’anses (voir photos 104-108). Ils sont repartis en 4 groupes:
1- Plats et assiettes (récipients ouverts à parois fortement évasées).
a. Amphores (récipients fermés munis d’un col, munis ou non d’une anse, à pane globulaire ou avoide). Elles ont servi à transporter ou à conserver les denrées (vin, huile..)
b. Cruches (récipients fermés servant à verser) munis d’une ou deux anses collées verticalement du col à la panes ou de la lèvre à la panse.
2- Marmites (récipients fermés utilisés pour la cuisson des aliments).
Ce matériel prouve donc une occupation du site aux époques Phénicienne, Romaine et Byzantine d’après une observation de Claude Doumet Serhal.

5- CONCLUSION
L’architecture définie l’action de l’homme sur son environnement s’adaptant ainsi à ses besoins. Nous avons signalé au cours de notre recherche sur le territoire de Mlikh deux preuves de l’action humaine:
– La première est la présence d’une occupation phénicienne, perse, hellénistique, romaine, byzantine, ommayyades et tardo-ottomante dans cette région. Cette occupation fait l’objet d’une recherche comparative des données archéologiques : céramiques et vestiges, qui avait déjà été trouvé entre les villes côtières de la Phénicie et cette partie intérieure du pays.
– La deuxième est la réoccupation au XVIIIième siècle certifiée par l’histoire des premières familles Aboumelhem et Abouzayd de Mlikh. Ce qui marque le début de cette deuxième occupation est d’une part l’histoire des familles de Mlikh, et d’autre part la datation adoptée par les communautés musulmanes et chrétiennes. Nous savons que les musulmans ont adopté le calendrier arabo-islamique à partir de l’hégire. A cette même époque, les chrétiens ont adopté le calendrier chrétien.
Cette étude préliminaire a permis de mettre en valeur les ressources archéologiques et historiques en les replaçant dans leur environnement naturel. La poursuite de la recherche grâce à des sondages dans les différents secteurs explorés, nous permettra de donner une chronologie beaucoup plus précise de l’occupation du territoire de Mlikh.

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